Sainte Thérèse de Lisieux, priez pour nos malades !
Chers paroissiens,
Un des signes de faiblesse de la nature humaine se manifeste par la difficulté à porter un regard paisible et confiant sur la maladie. Si cette dernière donne l’occasion des actes les plus héroïques, il n’est pas rare de constater qu’elle est aussi l’occasion de chutes terribles. Combien de familles se déchirent devant la maladie d’un de ses membres. Combien de ménages ne résistent pas à la tentation de la séparation et de l’abandon. Sont oubliées les belles paroles : « Moi, je te reçois comme époux et je te promets de te rester fidèle, dans le bonheur et dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie, pour t’aimer tous les jours de ma vie… »
La famille Martin connaît la grande épreuve du père humilié : pendant trois ans, le père de sainte Thérèse restera interné à l’asile du Bon Sauveur à Caen. « Je ne savais pas que le 12 février (1889), un mois après ma prise d’habit, notre père chéri boirait à la plus amère, à la plus humiliante de toutes les coupes. Ah ! ce jour-là je n’ai pas dit pouvoir souffrir encore davantage !!! Les paroles ne peuvent exprimer nos angoisses… Quelques mois après, la passion de M. Martin atteint un sommet : on lui fait signer un acte de renonciation à la gestion de ses biens. Il sanglote : « Ah ! ce sont mes enfants qui m’abandonnent ! »
Le pape Léon XIV, lors de son homélie à la messe de Lourdes du 27 septembre dernier, s’adressait aux malades : « Chers malades qui connaissez la souffrance, si nombreux à Lourdes, il vous est possible de vivre vos peines et vos douleurs dans cet esprit d’offrande, pour entrer dans la démarche dont le monde a tant besoin. En ce sens vous êtes vraiment au cœur de l’Église, et votre rôle est irremplaçable. »
Dans la voie de l’enfance spirituelle qui nous est proposée par sainte Thérèse, l’abandon peut se décliner plus particulièrement par la grâce de se détacher complètement de soi-même, ne se recherchant en rien ; aussi a-t-elle pu dire à la fin de sa vie : « Depuis que je ne me recherche jamais, je mène la vie la plus heureuse qu’on puisse avoir. »
Sainte Thérèse a poussé ce détachement à un degré rare : elle céda tous ses mérites à l’Église et aux âmes de sorte qu’elle a pu dire à Dieu : « Au soir de cette vie, je paraîtrai devant vous les mains vides ; car, je ne vous demande pas, Seigneur, de compter mes œuvres. »
Prions les uns pour les autres durant le mois d’octobre. Sainte Thérèse, au milieu de ses petits sacrifices, nous apparaît toujours le sourire aux lèvres, joyeuse, épanouie et gaie. La clef de cette disposition d’âme est toujours la même. Le renoncement, le sacrifice, pour elle, n’a rien de laborieux et de compliqué et de triste. Il est exactement le contraire du regard replié sur soi : il est l’oubli de soi, en acte, il est l’âme qui va vers Dieu par le mouvement de l’amour.
L’esprit de Jésus. Nous n’avons pas d’autre ambition !
Avec notre dévouement sacerdotal
Abbé Renaud de La Motte
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