En vérité je te le dis : tu seras aujourd’hui avec moi en paradis
Chers paroissiens,
On raconte communément que le bon larron a volé le ciel !
Il est plus sage de dire qu’il avait compris quelle était la puissance de la croix de Jésus. « Oh ! quelle parole, ô Jésus, vous nous faites entendre, s’écrie St Jean Chrysostome. Vous êtes cloué à la croix, et vous promettez le paradis ! »
Souffrir avec Jésus permet d’obtenir le salut de son âme : « Il y avait trois hommes en croix, dit St Augustin : l’un était le Sauveur ; un autre devait être sauvé, et l’autre devait être condamné. Leur peine était la même, mais les sentiments dans lesquels ils souffraient étaient bien différents. »
Le mode d’agir des deux larrons est tellement différent. Tandis que le premier insulte Jésus, disant : « si tu es le Christ, sauve-toi toi-même et nous avec toi ». L’homme, pour reconnaître Dieu, exige de lui des coups d’éclat. Dans la souffrance, il voudrait la délivrance immédiate. Il voudrait que Dieu soit à son service. Le second le reprend et dit : « tu ne crains donc pas Dieu, toi qui subis le même jugement que lui. Pour nous, nous le subissons justement, car nous recevons le juste salaire de ce que nous avons fait : mais celui-ci n’a rien fait de mal. »
Le sentiment de justice s’éveille en cet homme : il reconnaît la justice du châtiment qui lui est infligé et l’injustice de la peine que subit Jésus. L’homme habituellement ne voit que ce qui l’affecte et s’occupe peu des injustices commises contre les autres. Le bon larron a été frappé de l’immense différence qui existe entre Jésus et ses compagnons de supplice, et plus encore de la patience avec laquelle il accepte ses souffrances.
Voici la prière du larron repentant : « Seigneur, souvenez-vous de moi quand vous viendrez dans votre royaume. » Dans cette demande faite à Jésus, quelle foi il exprime !
« Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu’ils seront rassasiés »
Vivre dans la foi sans désir de Dieu, c’est végéter. Le désir est la flamme du cœur. Qui ne désire pas, n’aime pas. Nul ne peut avoir cette faim et cette soif de Dieu, cette lumière intense, sans la douce motion de l’Esprit-Saint. C’est lui le grand Illuminateur.
Durant la sainte Quarantaine, Jésus nous invite à regarder « là-haut » et nous montre le chemin des Béatitudes, véritable renversement de toutes les valeurs. Jésus substitue la morale divine de la vie éternelle à la logique humaine. Le but est que les hommes désapprennent à se contenter des promesses d’ici-bas et qu’ils s’accoutument à l’espérance du royaume des cieux. De riche, il s’est fait pauvre pour nous. Il s’est fait esclave pour nous. Jésus communique son Amour et nous offre la véritable liberté : celle de restaurer dans les âmes la possibilité de faire le choix radical pour Dieu.
Je vous bénis, Abbé Renaud de La Motte, curé
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